26 septembre 2007
Info Jardinage et Botanique
Avec EIXERITS, on devient plus savant en botanique !
Karine Porchet, membre de la section botanique, nous a adressé un texte concernant la "Nutrition organo-minérale des plantes". Très fouillé, son article permettra aux plus férus d'entre vous de devenir plus EIXERITS encore en botanique ! Et pour les explications complémentaires, n'oubliez pas les réunions mensuelles de la section Jardinage et Botanique... Mais place à la spécialiste...
"Les plantes se nourrissent de substances minérales qu'elles puisent dans ses deux milieux de vie : l'air et le sol.
Par ses organes aériens (feuilles et tiges encore vertes), la plante absorbe le gaz carbonique de l'air à partir duquel elle photosynthétise des substances de réserve. La plante absorbe aussi de l'oxygène nécessaire à sa respiration, de l'eau et même des sels minéraux.
Par ses racines, la plante absorbe de l'eau, des substances minérales qui y sont dissoutes ou sous forme d'ions, de l'oxygène et d'autres gaz présents dans l'atmosphère du sol (azote, CO2, hydrogène, méthane, ammoniac, etc.).
Par ses racines, la plante absorbe aussi des substances organiques. Longtemps réfutée par les tenants de la fumure exclusivement minérale (travaux de Liebig), personne ne doute plus maintenant de cette capacité d'absorption des substances organiques par les plantes. Une des sources essentielles pour les substances organiques est l'humus. Les polyphénols et les quinones que les humus libèrent sont connus comme étant des facteurs de croissance indispensables aux plantes. Mais les plantes absorbent aussi des acides aminés, des vitamines et des antibiotiques élaborés au niveau de la rhizosphère, principalement par l'activité bactérienne et fongique. On a aussi découvert que les plantes étaient tout à fait capables d'absorber des macromolécules organiques qui joueraient un rôle important dans la résistance au parasitisme.
À l'instar des autres êtres vivants, les plantes se nourrissent à la fois pour se procurer de l'énergie et pour se procurer les matériaux nécessaires à sa construction.
Comme les animaux, les plantes ont besoin de deux types d'éléments nutritionnels : les macroéléments et les oligoéléments.
Les principaux macroéléments sont le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, le phosphore, le potassium, le soufre, le calcium et le magnésium. Le carbone, l'hydrogène et l'oxygène sont fournis par l'atmosphère. Il est bien rare que l'homme ait l'occasion d'agir sur ces ressources (cultures sous serres, recherche scientifique).
Les principaux oligoéléments sont le fer, le manganèse, le zinc, le bore, le cuivre, le molybdène, le cobalt, le sodium et le chlore.
L'azote est le constituant principal des protéines (chaînes d'acides aminés). L'azote est absorbé sous forme nitrique ou ammoniacale. Ces formes chimiques s'associent aux sucres et aux acides élaborés au niveau des feuilles pour former des acides aminés.
L'azote favorise la croissance des plantes, la multiplication des chloroplastes (une plante carencée pâlit ou jaunit), la synthèse des sucres et des réserves azotées dans les fruits et les graines. L'excès d'azote allonge la période végétative des plantes. Il est donc un facteur retardant la maturité. En outre, il a été montré que les excès d'azote sensibilisaient les plantes aux maladies cryptogamiques et aux attaques des parasites. Enfin, l'excès d'azote est un facteur important, mais non exclusif, pour expliquer la verse des céréales ou leur sensibilité au gel.
Le phosphore est un constituant important des protéines phosphorées (nucléoprotéines, phosphoprotéines, lécithines, etc.). Les ions phosphoriques sont des éléments très importants dans les processus de stockage et de transport de l'énergie dans les cellules (ATP). Enfin, un grand nombre de réactions métaboliques exigent des phosphorylations préalables pour se dérouler.
Le phosphore, comme l'azote, est un élément indispensable à la croissance de la plante, peut-être davantage pour les organes jeunes (?) chez lesquels on constate que le phosphore est plus abondant que dans les organes plus âgés.
Le phosphore est fondamental pour les processus de floraison, la mise en graine ou en fruit des plantes.
Enfin, la présence de phosphore dans les plantes joue un rôle crucial pour les animaux qui les consomment. Il est possible, par exemple, que les variations démographiques observées chez les lemmings soient une conséquence des carences en phosphore observées chez les plantes qui poussent sur la toundra arctique.
Le soufre est le constituant essentiel des acides aminés soufrés (méthionine et cystine) que la plupart des animaux ne savent pas synthétiser et qu'ils trouveront dans les plantes qu'ils consommeront. Certaines plantes comme les liliacées, les légumineuses ou les crucifères sont riches en ces acides aminés soufrés, et plus généralement en produits soufrés.
Le potassium est l'ion principal des solutions cytoplasmiques. Le potassium joue un rôle fondamental dans les processus d'échanges transmembranaires passifs et actifs dans les cellules.
On ne sait pas bien précisément comment le potassium favorise la photosynthèse, ni comment cet élément améliore la synthèse des protéines. On ne sait pas bien non plus pourquoi les carences comme les excès de potassium augmentent la sensibilité des plantes aux parasites.
Le magnésium est un constituant de la chlorophylle. Il en favorise la synthèse ainsi que celle de la xanthophylle et celle du carotène.
Le magnésium favorise l'absorption du phosphore et son transport dans les graines où il favorise la synthèse de la phytine et celles des lipides.
La présence de magnésium dans les plantes est indispensable aux animaux herbivores qui, sinon, développent ce que l'on appelle la tétanie d'herbage, maladie due à un excès de potassium dans les plantes. Le magnésium évite l'absorption excessive de potassium par les plantes.
Le calcium est un élément fondamental des parois cellulaires des plantes. C'est lui qui donne leur résistance tissulaire aux membranes pectiques.
Le calcium favorise aussi la formation et la maturation des fruits et des graines.
Enfin, ce sel possède un rôle important dans les échanges transmembranaires.
a) Le fer, bien qu'il ne soit pas un constituant de la chlorophylle, est indispensable à sa formation. Sa carence provoque la chlorose. Le fer participe à la constitution de nombreuses enzymes d'oxydation.
b) Le cuivre, comme le fer, entre dans la composition de nombreuses enzymes d'oxydation.
c) Le zinc, outre son rôle dans de nombreuses enzymes d'oxydation, participe à la fabrication des auxines de croissance.
d) Le molybdène est nécessaire au métabolisme de l'azote. Il est le constituant d'une enzyme réduisant les nitrates en amines.
e) Le bore et le manganèse entrent dans la composition d'enzymes. Leurs rôles sont encore mal connus.
f) Le chlore est surtout connu pour les effets négatifs qu'il induit quand il est en excès.
g) Le cobalt n'est peut-être pas indispensable aux végétaux, mais cet élément se révèle indispensable aux bactéries et aux champignons de la rhizosphère et plus encore aux bactéries fixatrices d'azote atmosphérique, symbiotes des légumineuses (Rhizobium)."
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